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Adélaïde Louise d’Eckmühl : l’enlumineuse qui cacha son amour dans un Livre d’Heures

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Elle s’appelait Adélaïde Louise d’Eckmühl, fille du maréchal Davout et intime de la famille royale. Entre 1841 et 1842, elle enlumina secrètement un Livre d’Heures d’une beauté rare, destiné à l’homme qu’elle aimait sans retour : François d’Orléans, prince de Joinville, troisième fils du roi Louis-Philippe. Elle ne le lui remit jamais.

Pendant près de deux siècles, ce chef-d’œuvre dormit au fond des archives des Dominicains de Toulouse, oublié de tous. C’est l’histoire de cette femme extraordinaire et de son manuscrit secret que l’exposition Enluminer l’amour, présentée à la Maison Seilhan de Toulouse du 30 avril au 30 juin 2026, sort enfin de l’ombre.

Adélaïde Louise d'Eckmühl : qui était cette enlumineuse oubliée ?

La fille du maréchal d'Empire

Pour comprendre qui était Adélaïde Louise, il faut d’abord comprendre d’où elle venait. Son père, Louis-Nicolas Davout, prince d’Eckmühl, est l’un des maréchaux les plus brillants de l’époque napoléonienne. Adélaïde Louise naît en 1815, l’année de Waterloo, l’année où tout bascule. Elle grandit dans l’éclat d’un nom qui porte encore le souvenir des grandes victoires de l’Empire, mais dans un monde qui a déjà changé de visage.

Sous la Monarchie de Juillet, la famille fréquente les cercles les plus haut placés. Adélaïde Louise tisse des liens particuliers avec Marie et Louise d’Orléans, les filles du roi Louis-Philippe. C’est par ce biais qu’elle entre dans l’orbite royale, et qu’elle rencontre celui qui va bouleverser sa vie : François d’Orléans, prince de Joinville, troisième fils du roi.

Elle a tout pour briller dans ces salons : une naissance illustre, une intelligence cultivée, et ce goût pour les arts qui, chez les femmes de sa condition, ne se cantonne pas à la simple décoration. Adélaïde Louise est une femme de caractère. Et ce caractère, elle va l’exprimer d’une façon que personne n’aurait pu prévoir.

Adélaïde Louise d’Eckmühl, 1840 Musées d’Auxerre © C. R.
Adélaïde Louise d’Eckmühl, 1840 Musées d’Auxerre © C. R.

Une pratique d'exception dans un monde d'amateurs éclairés

Dans la France des années 1840, enluminer des livres imprimés est une activité qui commence à se répandre dans les milieux aisés et cultivés. Ce n’est pas la pratique monastique médiévale : ce sont des ouvrages spécialement conçus pour être illustrés à la main par leurs propriétaires, vendus avec leurs ornements imprimés en attente de couleurs et de dorures. Le Missel gothique de Curmer, paru autour de 1840, inaugure cette mode qui ne fera que croître dans les décennies suivantes.

La pratique est alors très largement féminine. Les femmes des milieux aisés enrichissent leurs livres de prières de décors qu’elles colorisent, dans un geste qui mêle dévotion, art et expression personnelle. C’est dans ce contexte qu’Adélaïde Louise s’empare du pinceau. Mais ce qu’elle en fait dépasse largement l’exercice mondain. Les 121 pages enluminées de son Livre d’Heures témoignent d’une maîtrise technique réelle, d’un sens de la composition et du symbole, et d’une intention narrative qui transforme un simple exercice artistique en œuvre personnelle d’une densité rare.

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Si vous vous intéressez à la place des femmes dans l’histoire de l’enluminure, vous savez combien leur contribution a souvent été invisible ou minimisée. Adélaïde Louise en est un exemple frappant, et tardif. Son œuvre appartient à une lignée de créatrices que l’histoire a longtemps reléguées dans l’ombre des scriptoria.

Reliure du Livre d’Heures d’après Michel Liénard, ornemaniste du roi Louis-Philippe, 1842 © ArtShooting / Gwenola de Crémiers
Reliure du Livre d’Heures d’après Michel Liénard, ornemaniste du roi Louis-Philippe, 1842 © ArtShooting / Gwenola de Crémiers

Un amour non partagé pour le prince de Joinvilles

C’est là que l’histoire bascule du côté de l’intime. Entre Adélaïde Louise et François d’Orléans, une relation privilégiée s’esquisse. Elle est persuadée d’avoir trouvé son âme sœur. Lui, beau, charmeur, conquérant, séduit facilement et laisse plus d’un cœur derrière lui, dont celui de Rachel, la tragédienne la plus célèbre de la première moitié du XIXe siècle.

La réciprocité n’est pas à la hauteur des attentes d’Adélaïde Louise. Blessée mais fidèle, elle prend alors une décision que l’on pourrait qualifier de sublime dans sa douleur : elle va peindre ce qu’elle ne peut pas dire. Dans les larmes et la prière, elle commence à enluminer un Livre d’Heures. Mais son amour ne se cantonne pas à l’expression de ses propres sentiments : elle y exprime aussi une prière profondément protectrice, souhaitant que François revienne sain et sauf de ses expéditions en mer et soit préservé de toute dérive amoureuse. Ce n’est plus seulement une déclaration. C’est une offrande.

Le Prince de Joinville, vers 1847 Musée national de la Marine © Musée national de la Marine / P. Dantec
Le Prince de Joinville, vers 1847 Musée national de la Marine © Musée national de la Marine / P. Dantec

Le Livre d'Heures : anatomie d'une déclaration d'amour codée

Un objet du XIXe siècle, une esthétique médiévale

Le Livre d’Heures d’Adélaïde Louise n’est pas un manuscrit médiéval au sens strict. C’est un livre à enluminer, imprimé, dont les décors sont réalisés entièrement à la main par sa propriétaire. La reliure elle-même, réalisée d’après les dessins de Michel Liénard, ornemaniste du roi Louis-Philippe, date de 1842. L’ensemble emprunte les codes visuels du gothique tardif et de la Renaissance, ces styles que le XIXe siècle redécouvre avec passion et qu’il réinterprète à travers le prisme du romantisme.

Cette pratique s’inscrit dans un mouvement plus large : le renouveau de l’enluminure en France au XIXe siècle. Les artistes professionnels créent et offrent leurs talents pour la copie des manuscrits anciens, tandis que leur savoir-faire est sollicité par les imprimeurs et éditeurs soucieux de diffuser ces trésors grâce au procédé révolutionnaire de la chromolithographie. Parallèlement, une révolution technique change la donne pour l’édition illustrée : à partir de 1837, la chromolithographie permet pour la première fois de reproduire en série des images richement colorées et dorées. Procédé coûteux, il reste longtemps l’apanage des publications haut de gamme, celles que l’on offre, que l’on conserve, que l’on transmet.

Livre d’Heures d’Adélaïde Louise D’Eckmühl, fol. 43r © ArtShooting / Gwenola de Crémiers
Livre d’Heures d’Adélaïde Louise D’Eckmühl, fol. 43r © ArtShooting / Gwenola de Crémiers

Le langage des fleurs comme écriture secrète

Ce qui rend ce manuscrit absolument singulier, c’est la façon dont Adélaïde Louise l’a transformé en langage personnel et codé. Elle n’illustre pas simplement des textes de prières : elle encode ses sentiments dans chaque décor, utilisant le langage des fleurs, ce système symbolique que toute femme cultivée de son époque maîtrisait, mêlé à des emblèmes et des scènes peintes pour exprimer sa fidélité, sa souffrance et sa foi.

Les myosotis reviennent comme un leitmotiv tout au long des pages : « Ne m’oublie pas. » Elle se représente elle-même en train de prier pour le prince, de l’attendre dans son château. Elle épelle et appelle le nom de l’élu de son cœur jusqu’au renoncement douloureux, jusqu’à l’abnégation. Ce n’est pas de la dévotion ordinaire que l’on lit entre ces lignes enluminées : c’est de l’amour, de la souffrance, et une sublimation mystique qui touche au sublime.

À travers ces enluminures, elle inscrit sa propre histoire, mêlant prière et mémoire affective dans un objet que personne, à commencer par son destinataire, ne devait jamais voir. 121 pages pour dire ce qu’elle ne peut pas dire à voix haute.

Livre d’Heures d’Adélaïde Louise D’Eckmühl, fol. 34v © ArtShooting / Gwenola de Crémiers
Livre d’Heures d’Adélaïde Louise D’Eckmühl, fol. 34v © ArtShooting / Gwenola de Crémiers

La frégate La Belle-Poule et les missions du prince

Adélaïde Louise ne se contente pas d’exprimer ses sentiments : elle raconte aussi la vie de l’homme qu’elle aime. Plusieurs décors du manuscrit évoquent les missions navales du prince de Joinville, ce marin royal entré dans la Marine à l’âge de douze ans sur ordre de ses parents.

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L’expédition qui retient particulièrement son attention est celle du rapatriement des cendres de Napoléon Ier en 1840, l’une des missions les plus emblématiques de la Monarchie de Juillet. Joinville commande alors la frégate La Belle-Poule jusqu’à Sainte-Hélène. Le manuscrit lui consacre deux représentations complémentaires : l’une figurative, sous forme de médaillon au folio 46v, l’autre poétique et presque fantastique au folio 43r, où le navire prend la forme d’un oiseau-frégate, hybride entre la mer et le ciel. Cette dualité dit beaucoup du regard qu’Adélaïde Louise porte sur Joinville : à la fois homme réel dont elle suit les missions, et figure idéalisée qui appartient déjà à un monde inaccessible. Un autre folio représente les blasons des ports français d’embarquement depuis les premières années de la carrière du prince, évoquant aussi la visite des pêcheries françaises de Terre-Neuve.

Ces décors ne sont pas anecdotiques. Ils font du Livre d’Heures un objet à double fond : un livre de prières en surface, une biographie amoureuse et maritime en filigrane. Le prince de Joinville, par ses missions au service du Royaume de France, incarne l’idéal romantique du héros moderne, et Adélaïde Louise en fait le personnage central d’une narration visuelle unique.

Livre d’Heures d’Adélaïde Louise D’Eckmühl, fol. 46v © Jean-Jacques Ader
Livre d’Heures d’Adélaïde Louise D’Eckmühl, fol. 46v © Jean-Jacques Ader

Le manuscrit secret : deux siècles d'oubli, une enquête au long cours

1861 : le don au Père Lacordaire

Adélaïde Louise ne remet jamais le manuscrit au prince de Joinville. Blessée mais transformée par l’expérience spirituelle que représente cette longue création, elle prend une décision inattendue. En 1861, elle offre le Livre d’Heures au Père Henri-Dominique Lacordaire, dans le cadre de la refondation des couvents de Saint-Maximin et de la Sainte-Baume.

Elle a été touchée par l’opuscule du Père Lacordaire sur sainte Marie-Madeleine, ouvrage qui s’ouvre par un chapitre sur l’amitié. Elle choisit alors de confier au lieu de retraite de Marie-Madeleine ce que le manuscrit porte en silence depuis des années : la trace d’un amour impossible, transformé par la prière en quelque chose de plus grand que lui-même. Le don s’accompagne d’un soutien financier pour le retour des religieux. Ce qui avait commencé comme une déclaration d’amour se conclut en offrande mystique. L’objet change de destinataire, mais pas de sens.

Livre d’Heures d’Adélaïde Louise D’Eckmühl, fol. 16v © ArtShooting / Gwenola de Crémiers
Livre d’Heures d’Adélaïde Louise D’Eckmühl, fol. 16v © ArtShooting / Gwenola de Crémiers

1957-2023 : soixante-six ans d'archives

En 1957, les Dominicains ferment le couvent de Saint-Maximin et s’installent à Toulouse. Parmi les biens transférés figure le Livre d’Heures, qui est relégué au fond des archives. Il y est oublié.

En 2023, le seul document connu en rapport avec le manuscrit est un cliché photographique pris en juillet 1947 : le prieur du couvent dominicain de Saint-Maximin, le Père Ephrem Lauzière, présente à l’objectif le manuscrit ouvert. Deux petites notes accompagnent l’image, indiquant qu’il fut offert au Père Lacordaire en 1861 et qu’il est l’œuvre de la « princesse Adélaïde ». Une identité incomplète, presque fantomatique. C’est sur cette base ténue que deux chercheurs décident de mener l’enquête.

Le Père Ephrem Lauzière présentant le Livre d’Heures de la « princesse Adélaïde », juillet 1947 © ArtShooting / Gwenola de Crémiers

Lorenzo Carras-Pugibet et Claire Rousseau : l'enquête qui ressuscite un chef-d'œuvre

Lorenzo Carras-Pugibet, chercheur associé à la Bibliothèque nationale de France et lauréat de la bourse Paul Leclerc du Comité d’histoire de la BnF (2025-2026), et Claire Rousseau, docteur en histoire de l’art et membre de l’Institut Historique de l’Ordre des Prêcheurs à Rome, ont mené un travail minutieux pour reconstituer l’histoire de ce manuscrit et de sa créatrice. L’enquête permet d’identifier formellement Adélaïde Louise d’Eckmühl, marquise de Blocqueville, derrière la simple mention de « princesse Adélaïde », et de reconstituer le contexte historique, sentimental et artistique de la création.

Claire Rousseau assure par ailleurs une veille sur les Archives des Dominicains de la Province de Toulouse, ce qui lui a permis d’être au plus près du manuscrit depuis sa redécouverte. C’est ce travail à deux, entre histoire de l’art et histoire des ordres religieux, qui a rendu possible la reconstruction complète de l’histoire de cet objet exceptionnel.

Livre d’Heures d’Adélaïde Louise D’Eckmühl, fol. 21v © ArtShooting / Gwenola de Crémiers
Livre d’Heures d’Adélaïde Louise D’Eckmühl, fol. 21v © ArtShooting / Gwenola de Crémiers

Le livre : Enluminer l'amour, une étude de référence

Avant ou après la visite de l’exposition — ou à la place pour ceux qui ne peuvent se rendre à Toulouse — il existe un ouvrage qui fait désormais référence sur le sujet.

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Lorenzo Carras-Pugibet et Claire Rousseau ont publié aux Éditions du Net en février 2026 : Enluminer l’amour. Adélaïde Louise d’Eckmühl – Prince de Joinville. Le manuscrit secret.

L’ouvrage, de 326 pages au format 155 x 215 mm, présente les résultats complets de l’enquête menée sur le manuscrit depuis 2023. Il offre également la première étude approfondie de la pratique professionnelle et amateure de l’enluminure en France au XIXe siècle et du développement de la chromolithographie. Un abondant cahier d’illustrations permet de contempler la reproduction des 121 pages enluminées du Livre d’Heures, rendant ainsi le manuscrit accessible à tous, au-delà de l’exposition.

Le livre est disponible directement sur le site des Éditions du Net au prix de 25 euros (broché, EAN : 9782312158280).

C’est à la fois un catalogue d’exposition, une monographie sur Adélaïde Louise d’Eckmühl, et une contribution sérieuse à l’histoire de l’art du livre au XIXe siècle. Pour les passionnés d’enluminure, c’est une acquisition qui s’impose.

"Enluminer l'amour" : l'exposition de Toulouse

Ce que l'on voit à la Maison Seilhan

La Maison Seilhan, au cœur du vieux Toulouse, accueille pour la première fois au public le Livre d’Heures d’Adélaïde Louise d’Eckmühl. Autour de lui, l’exposition rassemble des pièces prêtées par plusieurs institutions : l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse, la Bibliothèque du Saulchoir à Paris, et les Musées d’art et d’histoire d’Auxerre, qui conservent notamment un portrait d’Adélaïde Louise datant de 1840.

L’exposition ne présente pas seulement le manuscrit : elle le replace dans son contexte artistique et historique. On y découvre les témoins du renouveau de l’enluminure au XIXe siècle et de l’essor de la chromolithographie, ce qui permet de comprendre à quel courant appartient le travail d’Adélaïde Louise et de mesurer à quel point son œuvre le dépasse. Elle s’inscrit également dans la célébration des 400 ans de la Marine nationale en 2026 et bénéficie du label officiel associé à cette commémoration.

La soirée poésie du 28 mai : Desbordes-Valmore en écho

Le 28 mai 2026 à 18h, une soirée « Poésie et Chant » est organisée à la Salle Clémence-Isaure de l’Hôtel d’Assézat (entrée libre). Elle met en regard les enluminures du manuscrit et les poèmes de Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859). Le choix n’est pas anodin : les vers de Desbordes-Valmore sur l’amour blessé, l’attente et la fidélité font écho de façon saisissante aux décors d’Adélaïde Louise, comme si les deux femmes avaient puisé à la même source d’une souffrance sublimée.

La soprano Eugénie Berrocq, le récitant Jean-Yves Pagès et la pianiste Ana Laurichesse portent cette soirée. C’est l’événement encore accessible à la date de parution de cet article, et une entrée idéale dans le manuscrit par une autre porte que le regard.

Informations pratiques

Exposition Enluminer l’amour. Le manuscrit secret Maison Seilhan — 7 place du Parlement, 31000 Toulouse Du 30 avril au 30 juin 2026 — Mardi au dimanche : 13h30 / 18h30 Accès : Métro ou Tram Palais de Justice / Carmes — Entrée libre Visites scolaires et groupes sur réservation (mardi au vendredi, matin ou après-midi) : maison.seilhan@gmail.com Contact presse : Louise Delamarche — louise.delamarche.pro@gmail.com — 06 82 64 00 70

Livre d’Heures d’Adélaïde Louise D’Eckmühl, fol. 46v © Jean-Jacques Ader
Livre d’Heures d’Adélaïde Louise D’Eckmühl, fol. 46v © Jean-Jacques Ader

Adélaïde Louise d’Eckmühl n’est pas une enlumineuse comme les autres. Elle n’a ni la formation d’un Jean Colombe, ni l’atelier d’une grande maison. Ce qu’elle a, c’est une douleur à sublimer, une foi sincère, et un savoir-faire suffisamment maîtrisé pour en faire un chef-d’œuvre que personne ne devait voir.

Son histoire rappelle que l’enluminure n’a jamais appartenu exclusivement au Moyen Âge. Elle a traversé les siècles, s’est adaptée aux techniques de son temps, et a continué d’accompagner les émotions humaines bien au-delà des scriptoria médiévaux. Elle a été pratiquée par des femmes, dans des chambres et non des ateliers, avec des sentiments pour seule boussole. Et ces femmes ont produit des œuvres qui méritent toute notre attention.

Le travail de Carras-Pugibet et Rousseau ouvre une porte sur une période encore trop peu documentée : la pratique amateure et bourgeoise de l’enluminure sous la Monarchie de Juillet. C’est en soi une contribution précieuse à l’histoire de l’art du livre, qui va bien au-delà du cas particulier d’Adélaïde Louise.

En souvenir du prince qu’elle aima sans retour, elle légua une partie de sa fortune à la construction d’un phare qui porte encore son nom sur les côtes bretonnes. Le phare d’Eckmühl existe toujours. Le manuscrit aussi. Et aujourd’hui, grâce à une enquête menée avec patience et rigueur, les deux parlent enfin.

Sources utilisées

  • Dossier de presse de l’exposition Enluminer l’amour. Le manuscrit secret (Maison Seilhan, Toulouse, 2026) ;
  • article Jeune Marine n°282 (avril 2026) ; fiche ouvrage des Éditions du Net. 
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