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Après mes retrouvailles avec le style insulaire, j’ai pris conscience de l’importance de travailler plus ma régularité. Quoi de mieux que les pages tapis ?
Voici donc mon nouveau carnet de bord.
Sommaire
ToggleChoix du sujet
Ce sujet est directement issue de la sélection des proposée par ma professeure et de son recueil de sujets d’inspirations celtiques. Je n’ai donc pas de sources précises à vous fournir quant à l’origine du motif.
Qu'est ce que les pages tapis ?
Une page tapis, c’est exactement ce que son nom indique : une enluminure abstraite qui transforme votre page en véritable tapis décoratif ! Ces créations fascinantes recouvrent toute la surface avec des entrelacs complexes, des motifs géométriques et des symétries parfaites qui donnent le vertige. L’idée, c’est de remplir chaque centimètre carré, on appelle ça l’horror vacui, l’ « horreur du vide » avec une précision mathématique qui frôle l’obsession. Chaque brin d’entrelacs suit son petit chemin en passant dessus, dessous, dessus, dessous selon des règles très strictes. C’est l’art insulaire des VIIe-IXe siècles à son apogée, celui qu’on retrouve dans le fameux Livre de Kells. Si vous voulez creuser le sujet et comprendre pourquoi cette tradition est si révolutionnaire, j’ai écrit un article complet sur l’enluminure insulaire qui devrait répondre à toutes vos questions !
Préparer le parchemin
Comme toujours, j’ai préparé le parchemin. Je suis toujours sur ma peau de mouton, que je colle sur un carton épais, que je contre-colle sur un plus fin.
Ensuite je dégraisse le parchemin en frottant de la poudre de pierre ponce. Ensuite je le nettoie avec un mélange d’eau vinaigrée.
Le dessin
Le modèle n’étant pas très rigulier ni rigoureux, j’ai fais le calque en essayant de corriger les erreurs et l’irrégularité du tracé en utilisant la table lumineuse.
Comme je vais faire un fond noir et des contours noirs je n’ai pas eu besoin d’utiliser l’encre sépia diluée.
Le compréhension du dessin avec le choix des couleurs
Afin de déterminer le nombre de couleurs nécessaires et de comprendre les entrelacs, il faut compter les brins.
J’ai utilisé des crayons de couleurs, comme pour un labyrinthe. Or il s’est trouvé qu’il y avait trop de couleurs pour avoir un rendu harmonieux.
Une fois encore je n’ai pas choisi des couleurs traditionnelles pour un sujet de style insulaire,
Sur les conseils de ma professeur, nous avons opté pour 2×3 cercles concentriques jouant sur les couleurs chaudes et couleurs froides.
En plus des aplats de couleurs, j’ai choisi d’ajouter de la feuille d’or autour du cadre extérieur, qui sera posée à la fin du sujet pour ne pas l’abimer en repassant dessus pour peindre.
Mais avant de peindre j’ai dû reprendre les erreurs de tracés à l’encre en grattant et gommant les parties à corriger.
La mise en peinture
J’ai commencé par les couleurs chaudes à savoir jaune avec un peu de blanc pour opacifier, orange et rouge porto avec une pointe de bordeaux.
J’ai démarré par le centre pour aller ensuite progressivement vers l’extérieur en posant chaque aplat de couleur.
Rapidement j’ai réalisé que le jaune avait un problème car il était trop pâle par rapport à l’ensemble. J’ai donc aposé une seconde couche de jaune pur en comptant sur la première couche pour l’opacité.
Corriger ses bêtises
La peinture en enluminure a un effet gouaché assez opaque. S’il ne faut pas qu’elle soit avec un rendu transparent, il ne faut pas non plus qu’elle soit trop épaisse car dans les deux cas la peinture peut craqueler et sauter.
Ici ma seconde couche de jaune était trop liquide ce qui fait en séchant elle a immédiatement craquelé.
Il m’a donc fallu la gratter (vu l’état de craquelure c’était facile) et il me faudra semaine prochaine nettoyer la zone pour poser à nouveau l’aplat de jaune. Pour se faire, j’ai utilisé la lame pour enlever la couche de peinture. Le stylo gomme dure a pour but d’aplatir les fibres du parchemin.
Le noir
Comme toujours en enluminure la pose du noir est un moment magique qui révèle le décor. Sur ce type de sujets celtique, il ajoute profondeur et détail au sujet.
Petit détail amusant pour cet oxyde de fer : le godet est en fait la cupule d’un gland ! Comme quoi tous les supports fonctionnent…
Les couleurs froides
J’ai ensuite fait le même travail pour les couleurs froides.
J’ai utilisé du pigment vert avec une pointe de blanc à la place du vert émeraude, du bleu de ceruleum et du pigment violet.
Ici encore, j’ai posé les aplats puis mis les réhauts de noir et le remplissage des surfaces.
Et voici le résultat une fois tout le fond noir fini !
La partie centrale n’est pas colorée car j’y poserai de la feuille d’or et d’argent et il ne faut pas qu’elle accroche sur la peinture.
Ajouter de la finesse
Le résultat ne me convient pas. Je trouve le résultat trop grossier alors que les tapis sont plein de finesse et de détail. Je décide donc d’ajouter un seul liseret, n’ayant pas la régularité suffisante sur les fils pour en faire deux.
L’avantage de garder tout le temps la palette avec ses mélanges est que je n’ai qu’à ajouter du blanc à mes couleurs d’origine pour créer le contraste espéré. Je commence donc avec les couleurs froides, puis fait les 3 couleurs chaudes.
Poser la feuille d'argent
Pour rester dans le concept froid/chaud, nous avons décidé avec ma professeur de jouer le contraste or/argent.
Je commence donc par les parties centrales.
Je pose la mixtion à dorer (légèrement colorée avec de l’encre rouge pour voir ce que je fais).
Lorsque la mixtion est sèche (elle ne brille plus), il est temps d’appliquer la feuille d’argent. Comme c’est une petite surface, c’est l’occasion d’utiliser les restes de feuilles gardées pour en pas gaspiller.
J’utilise de la feuille d’applique pour que ce soit plus facile à poser. Elle existe aussi bien en feuille d’or que d’argent.
La seule différence avec la feuille d’argent est qu’il faut ensuite appliquer un vernis pour éviter l’oxydation.
Poser la feuille d'or
C’est une grosse partie puisque j’ai décidé que tout le cadre sera en or.
Après avoir appliqué toute la mixtion à dorer, ici aussi j’applique la feuille d’or. Une fois tout appliqué, je nettoie avec un pinceau doux le surplus que je récupère avec grand soin pour en faire un jour de l’or en coquille.


Magnifique
Je vous remercie !